Par définition, une singularité des systèmes n’est pas un terme formel standard doté d’une seule définition, mais il est utilisé en pensée systémique, en théorie de la complexité et parfois en analyse politique ou technologique pour décrire le point où un système atteint un seuil critique où ses règles normales cessent de fonctionner et où quelque chose de fondamentalement différent émerge.
À ce point, le système peut se transformer ou s’effondrer vers un nouvel ordre. Il peut se réorganiser, muter ou se désagréger, produisant des résultats qui ne peuvent plus être gérés par les hypothèses, les contrôles ou les institutions qui gouvernaient l’ancien système.
Ainsi, notre Singularité des systèmes n’est pas une réforme. Ce n’est pas un ajustement. Ce n’est pas une tentative d’améliorer ce qui existe déjà. C’est une rupture. Une rupture décisive avec des systèmes protégés, maintenus et constamment justifiés malgré des décennies d’échec. Aujourd’hui, ces systèmes sont brisés.
Depuis plus de 40 ans, les systèmes publics fondamentaux du Québec sont gérés par des couches de leadership, d’administration et d’idéologie qui ont une chose en commun : ils préservent le système, pas ses résultats.
Ils promettent le changement, absorbent la critique, augmentent le financement et livrent les mêmes résultats. Ce qui a permis cela n’est pas la complexité. C’est la protection.
Ce que nous appelons stabilité est devenu la protection organisée de la sous-performance, défendue au nom de l’équité et de la continuité
Cette proposition vise à mettre fin à ce cycle. Elle ne cherche pas à réparer le système. Elle retire ce qui soutient discrètement son échec.
Ce qui le remplace n’est pas une meilleure version de la même structure. C’est une cible différente, une autre répartition des responsabilités et une autre utilisation du financement.
Il existe trois gouffres financiers majeurs dans le système public québécois. Pas des fissures. Pas des inefficacités.
Mais des canyons d’argent public acheminé vers de grandes organisations inefficaces incapables de produire les résultats les plus élémentaires.
Chaque adulte au Québec le sait. Le voit. Le vit au quotidien. Depuis des décennies, nous regardons ces systèmes échouer, entendons des promesses de réforme, et voyons ces promesses se dissoudre dans plus de dépenses, plus de bureaucratie et plus d’inefficacité. Ils engloutissent des milliards chaque année, drainant notre avenir économique dans une profondeur d’incompétence qui semble sans fond.
Des gouvernements de toutes idéologies ont fait la même chose, année après année, gérant les plus grands budgets de la province sans changer les résultats. Faire la même chose encore et encore en espérant des résultats différents n’est pas seulement naïf. C’est un échec systémique, et possiblement contraire à l’éthique.
Je parle de trois systèmes dont tout le monde dépend, mais que personne ne contrôle réellement :
• Éducation
• Santé
• Transport
Je les appelle des secteurs parce que leur portée s’étend partout. Leurs tentacules traversent toute la province, touchent chaque région, chaque institution, chaque citoyen.
Aucune partie du Québec n’échappe à leur influence.
Leurs tentacules se chevauchent. Chaque défaillance nourrit la suivante. Ce qui commence dans un secteur se propage aux autres, jusqu’à ce que l’ensemble du système reflète la même dysfonction.
Ce ne sont plus trois problèmes. C’est un échec continu.
Au cœur se trouve un principe laissé sans contrôle : chacun dans le système doit être respecté et protégé, quels que soient les résultats.
Les syndicats ont institutionnalisé cette logique. La gestion s’y est alignée. Il en résulte un système fermé où aucune partie ne peut confronter l’échec sans s’incriminer elle-même.
Les citoyens le vivent chaque jour. Cela érode la confiance, non seulement envers un gouvernement, mais envers le leadership lui-même.
Le Québec n’est pas seul. En 2025, l’ampleur de l’échec est indéniable.
Le budget de dépenses du Québec atteint 130,6 milliards de dollars. La santé absorbe environ 70 milliards. L’éducation, environ 33 milliards. Le transport engage entre 10 et 12 milliards par année, appuyés par 164 milliards sur dix ans.
Ce ne sont pas des programmes marginaux. Ils sont au cœur même de l’État. Et pourtant, les trois produisent le même résultat : hausse des coûts, performance stagnante ou en déclin, et absence d’imputabilité menant à des conséquences.
Ce n’est pas un problème de sous-financement. C’est de l’inefficacité organisée. Nous ne gérons pas des systèmes. Nous maintenons un échec protégé.
L’argent disparaît dans des structures conçues pour l’absorber, le justifier et en exiger davantage.
La proposition
Comme je l’ai dit plus tôt, ce n’est pas une réforme. C’est un retrait. Chaque secteur sera dépouillé des structures, rôles et protections qui ont permis à l’échec de se poursuivre sans conséquence.
Ce qui les remplace est un ensemble clair de changements, avec de nouvelles cibles, une nouvelle assignation des responsabilités et de nouvelles conditions de financement.
Ce qui accompagne ma proposition est le nexus d’une singularité des systèmes.
- Aucun secteur ne reçoit de financement additionnel avant d’avoir démontré des résultats.
- Tout le leadership actuel sera remplacé par un nouveau leadership ayant le mandat de produire des résultats, non de défendre un échec hérité.
- Aucune structure ne survit simplement parce qu’elle existe.
Zone 1 – Éducation
Cible : Les enseignants enseignent. Les étudiants apprennent. Tout ce qui empêche cette cible est retiré.
- Tout le leadership est remplacé.
- La formation et la sélection sont recentrées sur la capacité de gérer de vraies classes, non des modèles théoriques.
- Un contrat social contraignant est imposé : les enseignants enseignent. Les parents élèvent leurs enfants. Les écoles sont gérées. Les syndicats protègent.
Les enseignants ne seront plus laissés seuls à gérer le désordre créé par un système qui refuse d’assigner les responsabilités. Ils seront appuyés pour enseigner, non selon une idéologie politique, mais selon les besoins des étudiants et l’autorité de la profession enseignante.
Si un système ne peut restaurer la capacité d’enseigner, il est démantelé jusqu’à ce qu’il le puisse.
Zone 2 – Santé
Cible : Les Québécois sont traités efficacement et avec compétence. Tout ce qui empêche cela est retiré.
- Le contrôle de gestion est transféré entièrement à la profession médicale.
- Les structures administratives ayant gouverné sans imputabilité sont démantelées.
- Les augmentations de financement cessent jusqu’à ce que les résultats démontrent l’efficacité.
Les médecins reçoivent pleine autorité sur le système de santé québécois. Avec cette autorité vient la pleine responsabilité.
Si les résultats ne s’améliorent pas, l’échec n’est plus caché dans le système. Il devient identifiable, et la responsabilité est assignée.
Zone 3 – Transport
Cible : Les infrastructures fonctionnent, durent et respectent les normes. Tout et tout gestionnaire actuel est retiré.
- Une enquête gouvernementale de performance examine vingt ans de décisions, d’exécution et de résultats, avec mandat non pas d’enquêter sur une criminalité, mais d’identifier comment l’inefficacité systémique, les défaillances de gestion et la complaisance institutionnelle ont produit un échec durable. Toutes les ressources de gestion sont remplacées.
- Les augmentations de financement cessent jusqu’à amélioration mesurable de la qualité des infrastructures.
Le Québec n’acceptera plus un système qui construit davantage qu’il entretient, répare davantage qu’il ne prévient, et opère avec des déficiences chroniques de gestion, d’exécution et de dotation.
La ligne qui change tout
Depuis des décennies, les gouvernements protègent des systèmes qui échouent. Cette proposition protège les résultats.
Ce n’est pas un programme réformé. C’est une réinitialisation structurelle.
Chaque secteur reçoit le contrôle. Chaque secteur reçoit l’entière responsabilité. Chaque secteur reçoit un seul objectif : produire des résultats mesurables.
Il n’existe aucun objectif parallèle d’amélioration. L’amélioration suppose que le système est fondamentalement sain et n’a besoin que d’être raffiné. Cette hypothèse est fausse.
Ces systèmes n’ont pas échoué faute de financement, d’expertise ou de complexité. Ils ont échoué parce qu’ils sont protégés par des personnes, des structures et des habitudes qui préservent l’inefficacité.
C’est le cœur du problème.
Les individus et réseaux qui soutiennent ces résultats ne sont pas des actifs mal alignés en attente d’être corrigés. Ils sont le mécanisme de l’échec. Ils ne s’adaptent pas. Ils ne se réforment pas. Ils protègent.
Et des systèmes protégés ainsi ne s’améliorent pas. Ils persistent.
Cette proposition reconnaît cette réalité. Là où la performance n’est pas livrée, la conclusion n’est pas négociation, recyclage ou changement incrémental. La conclusion est le remplacement.
Non par idéologie. Par résultats.
À ce moment-là, nous cessons de gérer l’échec… et nous retirons les conditions qui lui permettent de continuer.
AJH

